Le calendrier ne pardonne rien : cette année, la loi Montagne ne se contente plus de simples recommandations. Le décret de 2020 change la donne dans les départements concernés, et l’obligation est désormais sur la table pour tous. Voici les contours de cette nouvelle réalité.
En quoi consiste la loi montagne ?
Depuis le 16 octobre 2020, parution au Journal officiel de la loi montagne relative aux véhicules hivernaux, un cap a été franchi dans 48 départements montagneux. Les préfets disposent désormais d’un levier pour imposer pneus hiver, chaînes ou chaussettes à neige à tout véhicule circulant sur leur territoire. Fini la tolérance : l’objectif affiché est simple, mais non négociable. Les routes de montagne ne doivent plus se transformer en embouteillages interminables dès les premiers flocons, la circulation doit rester fluide et la sécurité des automobilistes garantie lorsque neige ou verglas s’invitent sur l’asphalte.
Dès le 1er novembre 2021, le décret s’applique. L’éventail des véhicules visés est large : voitures particulières, utilitaires, bus, camions de marchandises. Officiellement, cela couvre les catégories M1, N1, M2, L3, N2 et N3. Que votre plaque soit française ou non, que vous transportiez des personnes ou des colis, la règle ne fait pas de distinction : rouler en zone concernée impose d’être équipé.
Pourquoi les pneus d’hiver ?
Dès que l’hiver s’installe, les pneus classiques montrent vite leurs faiblesses. Seuls des pneus adaptés permettent de garder le contrôle sur neige ou verglas : meilleure adhérence, freinage plus court, trajectoire prévisible. Là où les autres glissent ou hésitent, le pneu hiver tient bon.
Avant de choisir votre équipement, quelques vérifications s’imposent. Pour être en règle à partir du 1er novembre, il faut repérer sur le pneu certains marquages officiels :
- Le 3PMSF, qui atteste de tests rigoureux en conditions hivernales et garantit la performance dans la neige
- Le symbole M S, qui signale la capacité du pneu à évoluer sur boue et neige, mais avec un niveau d’exigence moindre que le 3PMSF
Un pneu portant l’un de ces marquages a passé les épreuves, il est reconnu apte à affronter la route lorsque le mercure chute et que la chaussée blanchit.
Conduire en montagne l’hiver n’est plus seulement une affaire de précaution ou d’habitude. C’est maintenant une règle à suivre, dictée par la loi, mais aussi une responsabilité partagée. Chacun doit faire le choix d’un équipement adapté, pour ne pas finir immobilisé dans une épingle ou découvrir trop tard les limites de ses pneus au détour d’un virage. Le pneu hiver ne relève plus du conseil avisé, il s’impose comme le nouveau sésame pour traverser les cols sans mauvaise surprise.
La loi Montagne ne laisse plus place à l’improvisation. Elle dessine une nouvelle carte des comportements à adopter, où rigueur et anticipation deviennent la norme sur les routes sinueuses. Reste à chacun de transformer la contrainte en réflexe et de faire de chaque trajet hivernal une routine sans accroc. Après tout, la montagne ne fait pas de cadeau à ceux qui la prennent à la légère.

