A partir de juillet, la subvention commencera probablement pour l’achat (et la location) de voitures électriques neuves et d’occasion. Max Erich partage ses expériences.
Choisir une électrique d’occasion : le parcours du combattant
Acquérir une voiture électrique neuve, c’est profiter d’un marché qui se diversifie chaque mois : gammes élargies, batteries qui tiennent la distance, recharges de plus en plus rapides… Possibilités multiples et variété garantie. Sur le segment de l’occasion, la réalité tranche avec cet élan : difficile de dégoter un modèle abordable à la fois fiable et attrayant.
Impossible, par exemple, de dénicher une Tesla acceptable sous la barre des 30 000 euros. Et pour couronner le tout, ces modèles échappent aux dispositifs de subventions en raison de leur valeur initiale. En restant sous 15 000 euros, l’offre se limite à quelques références : la Nissan Leaf première génération, Renault Zoe, VW e-Up, parfois une e-Golf vieillissante ou une BMW i3. La plupart affichent des autonomies restreintes, entre 100 et 150 kilomètres. Mais cette limite est-elle vraiment gênante au quotidien ?
Mettre la i3 à l’épreuve
En 2019, l’idée d’une seconde voiture s’est imposée. Après une exploration attentive du marché, la BMW i3 est sortie du lot. Compacte, nerveuse, parfaitement dimensionnée pour deux enfants en bas âge, compatible avec notre budget. Nous avons donc ciblé une version 2014, 53 000 km au compteur, trouvée chez un concessionnaire du Limbourg.
Le premier essai a suffi : silence absolu, confort surprenant, réactivité immédiate, maniabilité inattendue ; chaque aspect semblait cocher la bonne case. Même la personne la plus réservée à la maison s’est laissée convaincre. Reste la sempiternelle interrogation autour de l’autonomie : certaines i3 récentes (120 Ah) frôlent désormais 300 km, mais le modèle choisi (60 Ah) plafonne plutôt entre 100 et 150 km. Néanmoins, pour des trajets essentiellement locaux et rarement au-delà de 100 km par jour, la chose paraissait réaliste. Surtout, tout avait été anticipé : panneaux solaires sur le toit et borne de recharge déjà prévue. Nous avons franchi le pas.
Les premiers obstacles
Premier contretemps, inattendu : la voiture a été livrée plus vite que la borne. La concurrence avec les flottes d’entreprise a fait grimper les délais d’installation et aussi les tarifs. Il faut compter 2 000 euros à consacrer à la borne, soit peu ou prou la somme que propose la nouvelle aide publique sur l’achat d’une voiture électrique d’occasion.
Lorsque janvier 2019 a pris fin, la i3 a enfin rejoint le foyer. Premier trajet : du Limbourg à La Haye, un peu plus de 200 km, par un froid saisissant. Autonomie juste suffisante, chauffage vorace, recherche de stations rapides presque obligatoire… à cela se sont ajoutées quelques files d’attente imprévues aux bornes. Le voyage, censé durer deux heures, s’est largement étiré. Mais la i3 était enfin là, mission accomplie.
Apprivoiser le quotidien
La borne domestique a été installée en avril 2019. Jusque-là, il a fallu jouer avec le réseau public. Heureusement, le maillage de bornes dans la ville était plutôt satisfaisant. L’application maison de BMW, même si elle n’est pas un modèle de rapidité, permettait quand même de surveiller la recharge.
Une fois la borne en service, l’i3 a changé de statut. Les petits trajets du quartier ont laissé place à des déplacements plus ambitieux dans la région, sans redouter la décharge totale. Notre autre voiture, une BMW Série 3 essence, est devenue inutile la plupart des week-ends.
Petit à petit, nous avons intégré la i3 aux trajets domicile-travail. Avec les beaux jours revenus, s’aventurer sur des parcours de 120 km aller-retour sans étape recharge s’est révélé faisable. Mon verdict personnel : la i3 excelle par une température minimale autour de 10 °C, à condition de rester sous la barre des 100 km/h sur l’autoroute, bien tombé, c’est la règle désormais. Dans les embouteillages, l’autonomie se bonifie : basse vitesse, consommation en berne, énergie récupérée au freinage.
De voiture d’appoint à star du foyer
Au fil des mois, la i3 a supplanté le précédent véhicule dans le quotidien. Conduite douce, silence de fonctionnement, réactivité constante : difficile de revenir à un modèle thermique classique. L’espace intérieur se montre accueillant : deux adultes et autant d’enfants y trouvent leur place sans effort. Les places arrière offrent une belle visibilité ; à l’avant, l’espace comme les sièges inspirent le confort. Le pare-brise généreux et la position dominante donnent un large angle de vision. Que ce soit en circulation urbaine ou sur route, la voiture reste agile, facile à garer, précise dans ses mouvements.
Les dépenses restent contenues : aucune taxe de circulation jusqu’en 2025, électricité abordable, surtout pour une recharge à domicile, prime d’assurance souvent minorée (certains acteurs récompensent la conduite électrique), entretien allégé.
La BMW Série 3 familiale a quasiment disparu du paysage. Bien sûr, la i3 n’est pas exempte de défauts : sur autoroute, un confort limité sur longues distances, un coffre qui gagnerait à être plus vaste, des portes antagonistes parfois gênantes en parking serré. Mention spéciale au GPS embarqué : un smartphone fait bien mieux.
Changer pour mieux ?
Au départ, l’idée de renouveler rapidement le modèle pour une version plus aboutie, ou disposant d’une plus grande autonomie, trottait dans ma tête. Mais cette envie a fait long feu. Investir encore plus dans une capacité d’autonomie rarement exploitée ne m’attire plus. Pour les personnes ne disposant pas de borne à domicile ou n’ayant pas de solution au travail, l’équation mériterait d’être repensée.
Personnellement, la version REX (Range Extender) ne m’a jamais tenté. Cela trahit l’esprit initial de la i3 ; et côté finance, tout augmente : fiscalité, prix d’assurance, consommation. Peut-être qu’un jour une version i3s m’attirera pour ses sensations de conduite ; aujourd’hui, la voiture répond à tous nos besoins.
Quelques repères pour acheter une i3
En avril 2020, on recensait plus de 7 600 BMW i3 sur le marché néerlandais, dont 12 % de versions REX et 88 % de pures électriques. Les variantes sportives représentent environ un quart de l’ensemble.
La i3 est apparue en 2013 et la production devrait durer jusqu’en 2024. Le premier modèle, la 60 Ah, offre 18,8 kWh de capacité utile ; son prix en occasion se situe généralement entre 15 000 et 20 000 euros (pour un véhicule millésime 2013-2016, selon finition et kilométrage). Comptez environ 100 km d’autonomie réelle en hiver, 150 km lorsque les conditions sont optimales.
Pour ne pas être pris au dépourvu lors de l’achat, quelques points nécessitent d’être vérifiés : de nombreux vendeurs affichent leurs prix hors TVA, la clientèle professionnelle étant friande de ce modèle. Les particuliers doivent donc bien ajouter la TVA pour connaître le coût réel. Autre paramètre : pour l’accès à la subvention, la valeur d’origine ne doit pas avoir dépassé 45 000 euros ; or, seul un quart des i3 passe sous cette contrainte. Une vérification via le numéro de plaque auprès du RDW s’impose. Parmi les options prioritaires : la recharge rapide à 50 kW et la pompe à chaleur. D’autres équipements simplifient la vie : pack confort (climatisation, régulateur de vitesse, capteur de pluie), bluetooth, finitions Loft, Lodge ou Suite.
Envie d’autonomie ?
En 2016, la nouvelle version 94 Ah a rappelé que la technologie évolue vite, avec 27,2 kWh embarqués et de 150 à 200 km d’autonomie selon l’usage. Les tarifs d’occasion oscillent désormais entre 20 000 et 40 000 euros. Arrivée en 2018, la 120 Ah (37,9 kWh) s’affiche aujourd’hui autour de 30 000 euros. La fiche technique mise en avant annonce 310 km d’autonomie WLTP, mais dans la réalité, plutôt 200 à 300 km selon la saison, le rythme et le style de conduite.
Le choix d’une i3 implique de faire quelques compromis : autonomie modérée, capacité de coffre, porte-à-faux. Mais aussi de découvrir une automobile différente, où le calme et la réactivité redéfinissent chaque trajet. Reste à attendre le jour où l’électrique d’occasion sera, à son tour, un vrai terrain de jeu pour l’acheteur curieux.

